En Bretagne, ces ensembles architecturaux sont uniques, ils sont les témoins de la ferveur religieuse et vous transportent à une autre époque. Saint-Thégonnec, Plounéour-Ménez, ou encore Saint-Jean-du-doigt... suivez le circuit qui vous mènera des montagnes à la mer. Chaque ensemble est composé d’une église, un calvaire, un ossuaire, un cimetière, une porte triomphale. Le mur d’enceinte délimite et protège le territoire sacré.
Une nouvelle expérience : la découverte de l’art religieux !
De l’abandon de l’art gothique, à l’invention de la Renaissance, jusqu’à la grandiloquence de l’art baroque... tout un programme !
Face sud, l’ensemble architectural en impose, rappelant la fierté d’un pays qui réussit : c’est un enclos paroissial. Si les enclos ne sont pas l’apanage de la Bretagne, ici plus qu’ailleurs leur richesse et leur composition forcent l’admiration. Séparé du quotidien par un mur d’enceinte, l’enclos est un domaine sacré structuré autour de son église et doté le plus souvent d’un calvaire, d’un ossuaire ou d’une chapelle mortuaire et d’un porche triomphal.
La croix, de bois ou de pierre, ne reçoit jamais plus que le christ crucifié. Tandis que le calvaire affiche aussi la Vierge Marie et Saint-Jean, tout deux témoins de la crucifixion sur le mont du Calvaire, le Golgotha.
Progressivement, les calvaires les plus monumentaux s’enrichiront d’une galerie de personnages, tous acteurs de la Passion du Christ. Véritable évangile de pierre, le calvaire de Saint-Thégonnec était polychromé.
Les ossuaires et les chapelles mortuaires disent combien la mort est omniprésente, non pas cachée mais utilisée pour l’édification des fidèles. L’ossuaire pour faire de la place aux nouveaux morts dans l’église, la chapelle pour nous rappeler que notre heure viendra aussi. Descendez dans la crypte admirer l’émouvante Mise au tombeau...
L’arc de triomphe Renaissance semble imiter les porches des cours de châteaux et manoirs, souvent dotés d’un bel appareil de pierre soulignant la richesse des propriétaires. À son entrée, des pierres levées appelées échaliers empêchent l’accès à tout animal.
L’intérieur de l’église aux deux clochers développe autant de richesses : du 16ème au 18ème, les meilleurs artisans y ont installé leurs œuvres. Un puissant buffet d’orgue, une admirable chaire due à la Réforme des offices, de parfaits retables baroques, et une galerie de saints invoqués pour les maux quotidiens.
Répondant à de nouveaux modes d’évangélisation, les enclos paroissiaux sont avant tout nés de la prospérité économique toilière du pays de Morlaix.
Si ailleurs en Bretagne on cultive le chanvre, ici ce sera le lin. Une fois tissées ces toiles de lin seront vendues dans toute l’Europe, protégées par un label : « Crées de Morlaix ». Produit à forte valeur ajoutée, elles feront la fortune des Julots, paysans marchands, jusqu’à la fin du 17ème siècle, qui sonnera le terme de ces grands ensembles architecturaux.
Le kandi ou "maison à buer", était le lieu où blanchir les fils de lin. Semée au début du printemps sur une bordure littorale fertile, la fibre de lin une fois filée est blanchie l’automne dans les terres, riches en cours d’eau. La buanderie est une petite bâtisse équipée d’une cheminée où chauffer l’eau qui, mêlée à de la cendre, blanchit le lin dans de grandes auges. Après quoi, le fil est rincé dans l’eau vive qui traverse le bâtiment, puis séché à l’extérieur. C’est bien cette blancheur et la finesse des toiles qui feront la notoriété des Crées de Morlaix.
Le circuit des enclos paroissiaux du pays de Morlaix se livre sur votre mobile ou en mp3. Tendez l’oreille...